Obtenir un prêt professionnel : conditions et dossier

Le prêt bancaire reste la première source de financement extérieur des petites entreprises. Il finance un investissement, un stock, un véhicule, une reprise ou un besoin de trésorerie. Pour l’obtenir, il faut un dossier solide, un apport et, presque toujours, une garantie.

Cette fiche explique les types de prêts, ce que regarde le banquier, les garanties demandées, le coût réel d’un crédit et les alternatives quand la banque dit non.

Les principaux types de prêts professionnels

Le prêt d’investissement

C’est le crédit classique à moyen terme. Il finance un bien qui servira plusieurs années à l’entreprise : machine, matériel informatique, aménagement d’un local, fonds de commerce. Pour une création ou une reprise, le remboursement s’étale le plus souvent sur une durée de 5 à 7 ans, d’après la fiche officielle sur la recherche de financements.

Le crédit de trésorerie

Il couvre un besoin temporaire : décalage entre les paiements des clients et ceux des fournisseurs, saisonnalité, commande importante à préfinancer. Il prend la forme d’une facilité de caisse, d’un découvert autorisé ou d’un crédit court.

Le crédit-bail

La banque ou une société spécialisée achète le bien et vous le loue, avec une option d’achat à la fin du contrat. L’entreprise n’a pas à mobiliser d’apport important et les loyers sont des charges. C’est fréquent pour les véhicules et le matériel.

Le microcrédit professionnel

Il s’adresse aux créateurs qui n’ont pas pu obtenir de prêt bancaire classique. Selon la fiche officielle, il est plafonné à 17 000 €, avec un taux le plus souvent d’au moins 5 % et une durée de 5 ans au maximum. L’entreprise doit avoir moins de 5 ans et au plus 3 salariés, et une personne doit se porter garante à hauteur de la moitié du montant.

Ce que regarde le banquier

Un banquier cherche à savoir si l’entreprise pourra rembourser. Il examine :

  • le prévisionnel financier, en particulier le plan de trésorerie et la capacité de remboursement
  • l’apport personnel du dirigeant, signe de son engagement
  • l’expérience du porteur de projet dans le métier
  • les comptes des dernières années si l’entreprise existe déjà
  • les garanties proposées
  • la cohérence entre la durée du prêt et la durée de vie du bien financé

Un apport renforcé par un prêt d’honneur améliore nettement la lecture du dossier, car il augmente les fonds propres sans alourdir l’endettement de l’entreprise.

Les garanties demandées

La banque demande presque toujours une ou plusieurs garanties. Les principales sont listées par l’administration dans sa rubrique sur les garanties de financement :

GarantiePrincipe
CautionnementUne personne s’engage à rembourser si l’entreprise ne le fait pas
Nantissement de fonds de commerceLe fonds sert de gage au prêteur
Nantissement de parts sociales ou d’actionsLes titres de la société servent de gage
Gage sur un bien meubleUn matériel ou un véhicule sert de garantie
HypothèqueUn bien immobilier sert de garantie

La caution personnelle du dirigeant

C’est la garantie la plus demandée aux petites entreprises. Elle annule en partie la protection du patrimoine personnel offerte par la société. Avant de signer, vérifiez le montant et la durée de l’engagement. Le créancier professionnel doit mettre en garde une caution personne physique quand l’emprunteur n’a pas les capacités financières adaptées, et l’informer chaque année avant le 31 mars du montant restant dû.

Les garanties publiques

Des organismes comme Bpifrance ou France Active peuvent garantir une partie du prêt auprès de la banque. Cela réduit le risque pris par le prêteur et parfois la caution exigée du dirigeant. Ces dispositifs sont présentés dans notre fiche sur Bpifrance.

Le coût réel d’un prêt

Le taux effectif global

Le taux nominal ne suffit pas pour comparer deux offres. Le taux effectif global intègre les intérêts, les frais de dossier, les frais d’intermédiaire, l’assurance et les garanties obligatoires. Comparez toujours sur cette base.

Le taux d’usure ne protège pas les prêts aux entreprises

Contrairement à ce que pensent beaucoup de dirigeants, le plafond légal du taux d’usure ne s’applique pas aux prêts consentis aux entreprises. Selon la Banque de France, pour les entreprises et les entrepreneurs individuels agissant pour leurs besoins professionnels, seuls les découverts en compte sont soumis à un taux maximal. La négociation joue donc un rôle plus important.

Les points à négocier

  • le taux et la durée
  • les frais de dossier
  • le montant et la durée de la caution personnelle
  • l’assurance emprunteur, que vous pouvez souvent souscrire ailleurs
  • les pénalités de remboursement anticipé
  • un éventuel différé de remboursement au démarrage

Préparer sa demande

  • rassemblez le business plan, les devis des investissements et vos derniers comptes
  • consultez au moins deux ou trois banques
  • présentez un plan de trésorerie mois par mois
  • montrez ce que vous apportez personnellement
  • préparez une réponse à la question du scénario prudent

Questions fréquentes

Quel apport prévoir ?

Aucun texte ne fixe de minimum. Chaque banque a sa propre politique, et le niveau attendu dépend du projet, du secteur et de votre expérience. Posez la question dès le premier rendez-vous plutôt que de vous fier à une règle entendue ailleurs.

Faut-il passer par un courtier ?

Un courtier en crédit professionnel peut présenter votre dossier à plusieurs banques et défendre vos conditions. Ses honoraires entrent dans le coût total du financement. Comparez ce coût au gain obtenu sur le taux ou les garanties.

Quand la banque refuse

Un refus n’est pas toujours définitif. Demandez les raisons, retravaillez le dossier, renforcez l’apport. Plusieurs alternatives existent : le microcrédit, le prêt d’honneur, le financement participatif, le crédit-bail ou une garantie publique qui réduira le risque pris par la banque.

Pour l’ensemble des solutions, consultez notre guide pour financer son entreprise.