Aides à la création d’entreprise : ACRE, ARCE et autres dispositifs

Plusieurs dispositifs publics allègent le coût d’une création d’entreprise. Ils prennent la forme d’exonérations de cotisations, de versements en capital ou de prêts sans intérêt. Les règles ont changé en 2026, l’Acre en tête, et beaucoup d’articles en ligne ne sont plus à jour.

Cette fiche présente les aides nationales, les aides locales, les règles de cumul et les démarches. Les conditions citées ont été vérifiées le 30 octobre 2026 sur les sites officiels.

L’Acre : une exonération partielle de cotisations

Le principe

L’aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise, ou Acre, réduit les cotisations sociales du dirigeant pendant le début d’activité. Selon la fiche officielle sur l’Acre, l’exonération est désormais partielle : le taux appliqué est de 75 % du taux normal, soit une réduction de 25 %.

La nouvelle règle s’applique aux micro-entreprises créées à partir du 1er juillet 2026, et aux autres formes, comme l’entreprise individuelle au réel ou la SASU, depuis le 1er janvier 2026.

La durée

L’exonération court jusqu’à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début de l’activité.

Qui peut en bénéficier

L’Acre est réservée à certains publics, parmi lesquels :

  • les demandeurs d’emploi indemnisés
  • les bénéficiaires du RSA ou de l’allocation de solidarité spécifique
  • les jeunes de 18 à 25 ans
  • les personnes qui créent leur entreprise dans un quartier prioritaire de la politique de la ville

La liste complète figure sur la fiche officielle. Vous ne pouvez pas en bénéficier si vous l’avez déjà obtenue au cours des trois années précédentes.

La demande

La demande doit être déposée dans les 60 jours suivant la création. L’Urssaf détaille les nouvelles règles et la démarche sur son site. Passé ce délai, l’aide est perdue.

Le maintien des allocations chômage

Si vous percevez l’allocation d’aide au retour à l’emploi au moment de créer, vous pouvez choisir entre deux options.

Option 1 : le maintien de l’allocation

Vous continuez à percevoir votre allocation chaque mois, en tenant compte des revenus que vous tirez de l’activité. C’est la solution la plus sûre si l’entreprise met du temps à dégager un revenu. Un dirigeant de société qui ne se verse pas de rémunération au démarrage profite pleinement de ce mécanisme.

Option 2 : l’Arce, un versement en capital

L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise, ou Arce, transforme une partie de vos droits en capital. D’après la fiche officielle sur l’Arce, elle représente 60 % des droits restants. Elle est versée en deux fois : la première moitié au démarrage, la seconde six mois plus tard. Une contribution de 3 % destinée à la retraite complémentaire est prélevée.

Pour en bénéficier, il faut être indemnisé au titre de l’allocation chômage et avoir obtenu l’Acre.

Comment choisir

CritèreMaintien de l’allocationArce
VersementMensuelEn deux fois
MontantSelon les revenus de l’activité60 % des droits restants
Intérêt principalSécurité du revenuApport de trésorerie au démarrage
Profil adaptéActivité qui démarre lentementProjet qui a besoin de fonds tout de suite

L’Arce renforce votre apport personnel, ce qui peut faciliter l’obtention d’un prêt. Le maintien de l’allocation protège mieux si les premiers mois sont difficiles. Faites le calcul avec votre conseiller France Travail avant de choisir, car l’option est difficile à modifier ensuite.

Les prêts d’honneur

Un prêt d’honneur est un prêt personnel sans intérêt et sans garantie, accordé au créateur par un réseau associatif. Il renforce les fonds propres et facilite souvent l’obtention d’un prêt bancaire. Les réseaux et leur fonctionnement sont présentés dans notre fiche sur le prêt d’honneur.

Les aides locales

Régions, départements, intercommunalités et communes proposent leurs propres dispositifs : subventions, avances remboursables, aides à l’installation dans certains territoires, exonérations fiscales locales. Leur montant et leurs conditions changent d’un territoire à l’autre et d’une année à l’autre.

Pour les identifier :

  • consultez le site de votre région, qui pilote le développement économique
  • interrogez la chambre de commerce et d’industrie ou la chambre de métiers
  • contactez le service développement économique de votre intercommunalité
  • interrogez votre banque et votre expert-comptable, qui connaissent souvent les dispositifs du territoire

Les règles de cumul

La plupart des aides se cumulent. L’Acre peut se combiner avec le maintien de l’allocation chômage ou avec l’Arce, puisque l’Arce exige justement d’avoir obtenu l’Acre. Un prêt d’honneur s’ajoute sans difficulté aux aides sociales. Les aides locales ont chacune leurs propres règles, à vérifier au cas par cas.

Questions fréquentes

Les aides sont-elles automatiques ?

Non. L’Acre, l’Arce et les aides locales doivent être demandées. Un oubli ou un dépôt hors délai fait perdre le bénéfice du dispositif.

Un salarié qui crée à côté de son emploi a-t-il droit à l’Acre ?

Tout dépend de sa situation. Il doit entrer dans l’une des catégories prévues par les textes, comme l’âge ou le lieu d’implantation. Vérifiez votre cas sur la fiche officielle avant de compter sur cette aide.

Les démarches dans l’ordre

  • avant la création, faites le point avec votre conseiller France Travail si vous êtes indemnisé
  • au moment de la création, choisissez la forme juridique en tenant compte de son effet sur les aides
  • dans les 60 jours, déposez la demande d’Acre
  • ensuite, demandez l’Arce si vous avez choisi cette option
  • en parallèle, sollicitez les réseaux de prêt d’honneur et les aides locales, avec votre business plan en main

La préparation du dossier financier est détaillée dans notre fiche sur le business plan. L’effet de la forme juridique sur les aides est abordé dans notre guide pour choisir son statut juridique.

Pour l’ensemble des solutions de financement, consultez notre guide pour financer son entreprise, puis revenez au guide pour créer son entreprise.