Faire un business plan : méthode et modèle

Un business plan sert à deux choses. Il vous oblige à vérifier, chiffres en main, que votre projet peut dégager un revenu. Il sert aussi de support pour convaincre une banque, un réseau de prêt d’honneur ou un investisseur. Un document bien construit répond aux questions que ces interlocuteurs poseront de toute façon.

Cette fiche présente la structure attendue, les tableaux financiers à produire sur trois ans, les erreurs qui reviennent le plus souvent et les outils disponibles.

La structure d’un business plan

Il n’existe pas de modèle officiel obligatoire. Les financeurs attendent néanmoins une progression logique, qui part du projet pour arriver aux chiffres.

1. Le résumé

Une à deux pages qui présentent le projet, le marché, l’équipe, le besoin de financement et les résultats attendus. C’est souvent la seule partie lue en entier lors d’un premier contact. Rédigez-la en dernier.

2. Le porteur de projet

Votre parcours, vos compétences, ce qui vous rend crédible pour mener ce projet. Si vous êtes plusieurs, précisez qui fait quoi.

3. L’offre

Ce que vous vendez, à qui, à quel prix, et ce qui vous distingue des solutions existantes. Restez concret : un client doit comprendre en quelques lignes pourquoi il achèterait.

4. L’étude de marché

La taille du marché, son évolution, vos clients cibles, vos concurrents directs et indirects. Appuyez chaque affirmation sur une source vérifiable : statistiques publiques, études sectorielles, entretiens avec des clients potentiels.

5. La stratégie commerciale

Comment vous allez trouver vos premiers clients, avec quels canaux et quel budget. Les pistes sont détaillées dans notre fiche pour trouver des clients.

6. Le volet juridique

La forme choisie, la répartition du capital, le régime social du dirigeant. Ce choix a un effet direct sur vos charges. Notre guide pour choisir son statut juridique vous aide à trancher.

7. Le prévisionnel financier

C’est la partie la plus regardée par un banquier. Elle traduit en chiffres tout ce qui précède.

Le prévisionnel sur trois ans

Bpifrance Création décrit quatre tableaux qui forment la base du dossier financier :

TableauCe qu’il montreHorizon
Plan de financement initialLes besoins de départ et les ressources pour les couvrirDémarrage
Compte de résultat prévisionnelLes produits, les charges et le résultat3 ans
Plan de trésorerieLes encaissements et décaissements mois par mois12 mois
Plan de financement à 3 ansL’évolution des besoins et des ressources stables3 ans

Le plan de financement initial

Il met face à face les besoins de long terme, comme les investissements hors taxes et le besoin en fonds de roulement, et les ressources stables : apport personnel, capital, emprunts, subventions. Les deux colonnes doivent s’équilibrer.

Le compte de résultat prévisionnel

Il part du chiffre d’affaires hors taxes, retire les charges d’exploitation, les salaires, les amortissements et les intérêts d’emprunt, pour aboutir au résultat net. Construisez le chiffre d’affaires à partir d’hypothèses : nombre de clients, panier moyen, fréquence d’achat. Un chiffre global sans détail ne convainc personne.

Le plan de trésorerie

C’est le tableau qui révèle les difficultés que le compte de résultat masque. Une entreprise rentable peut manquer d’argent si ses clients paient à 60 jours et ses fournisseurs à la commande. Prévoyez une ligne par poste et mettez-le à jour chaque mois après le démarrage.

Le plan de financement à trois ans

Il prolonge le plan initial sur les exercices suivants, en intégrant la capacité d’autofinancement, les remboursements d’emprunt et les nouveaux investissements.

Les erreurs les plus fréquentes

  • un chiffre d’affaires de première année trop optimiste, sans montée en charge progressive
  • l’oubli de charges récurrentes : assurances, logiciels, frais bancaires, expert-comptable
  • l’absence de rémunération du dirigeant, alors qu’il faut bien vivre
  • un besoin en fonds de roulement ignoré, alors qu’il pèse lourd dans le commerce et l’industrie
  • une étude de marché fondée sur des impressions plutôt que sur des données
  • des hypothèses non écrites, impossibles à défendre en rendez-vous

Notre conseil : préparez trois scénarios, prudent, central et favorable. Montrez que l’entreprise survit dans le scénario prudent. C’est ce que cherche à vérifier un financeur.

Les outils disponibles

Les outils gratuits

Bpifrance Création propose sur son site un outil de business plan en ligne ainsi que des modèles de tableaux financiers. Les réseaux d’accompagnement, comme les chambres de commerce et d’industrie, les chambres de métiers et les réseaux de prêt d’honneur, aident aussi à construire le prévisionnel.

Le tableur

Un tableur reste l’outil le plus souple. Il permet de modifier une hypothèse et de voir aussitôt son effet sur la trésorerie. Prévoyez un onglet dédié aux hypothèses, que tous les tableaux viennent lire.

L’expert-comptable

Un professionnel peut établir ou relire le prévisionnel. Sa signature donne parfois plus de poids au dossier auprès du banquier. Ce n’est pas obligatoire.

Après la création

Le business plan ne doit pas finir dans un tiroir. Comparez chaque trimestre les résultats réels aux prévisions. Les écarts vous indiquent où agir. Un tableau de bord simple, avec quelques indicateurs suivis chaque mois, suffit pour ce suivi.

Questions fréquentes

Le business plan est-il obligatoire ?

Non, aucun texte ne l’impose pour créer une entreprise. Il devient indispensable dès que vous sollicitez un prêt ou un investisseur.

Quelle longueur viser ?

Une vingtaine de pages hors annexes suffit pour la plupart des projets de petite entreprise. Les financeurs préfèrent un document court et chiffré à un dossier long et vague.

Une fois le dossier prêt, consultez notre fiche sur les aides à la création d’entreprise et celle consacrée à la première année d’activité, puis revenez au guide pour créer son entreprise.