Les premiers mois d’une entreprise : la check-list du créateur

La première année concentre une grande partie des obligations nouvelles pour un dirigeant. Compte bancaire, comptabilité, assurances, facturation, déclarations fiscales et sociales : chaque sujet a ses échéances, et un oubli coûte vite des pénalités ou du temps.

Cette fiche passe en revue les cinq chantiers à organiser dès l’immatriculation, dans l’ordre où ils se présentent.

1. La banque

Le compte professionnel

Une société doit disposer d’un compte bancaire à son nom, ne serait-ce que pour recevoir le capital. Pour un micro-entrepreneur, un compte dédié à l’activité devient obligatoire lorsque le chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives, selon la fiche officielle sur le compte bancaire professionnel. Un compte séparé reste conseillé dès le départ pour suivre l’activité sans mélanger vos dépenses personnelles.

Ce qu’il faut comparer

  • les frais de tenue de compte et de carte
  • les plafonds de paiement et de retrait
  • les frais sur les encaissements par carte, si vous vendez en boutique
  • l’accès à un conseiller et la possibilité d’obtenir un découvert ou un prêt
  • l’intégration avec votre logiciel de comptabilité

Demandez au moins deux propositions et comparez le coût annuel total, pas seulement le prix d’appel affiché sur la première année. Les néobanques sont souvent moins chères, les banques de réseau plus présentes pour accorder un crédit.

2. La comptabilité

Les obligations selon le régime

Un micro-entrepreneur tient un livre des recettes et, s’il vend des marchandises, un registre des achats. Une entreprise au régime réel et toute société tiennent une comptabilité complète, établissent des comptes annuels et, pour une société, les font approuver chaque année.

S’organiser dès le premier mois

  • conservez toutes les pièces : factures d’achat, de vente, relevés bancaires
  • rapprochez chaque mois les relevés bancaires et les écritures
  • choisissez un outil adapté à votre volume, du tableur au logiciel de comptabilité
  • décidez tôt si vous confiez la tenue ou la révision des comptes à un professionnel

Un dossier bien tenu au fil de l’eau réduit aussi le coût d’un expert-comptable, qui facture souvent le temps passé à trier. Le premier exercice comptable peut être plus long ou plus court que douze mois, selon la date de clôture fixée dans les statuts. Choisissez cette date en fonction de votre saisonnalité, pas par défaut au 31 décembre.

3. Les assurances

Certaines professions doivent souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle. Vérifiez auprès de votre ordre ou de votre fédération si votre activité est concernée.

Même sans obligation, plusieurs couvertures méritent d’être étudiées :

  • la responsabilité civile professionnelle, pour les dommages causés aux clients
  • l’assurance des locaux et du matériel, si vous en avez
  • la prévoyance du dirigeant, pour compenser une perte de revenus en cas d’arrêt

Demandez plusieurs devis et lisez les exclusions avant de signer. Vérifiez aussi les plafonds de garantie et la franchise, qui font souvent la différence entre deux contrats au prix proche.

4. La facturation

Les mentions obligatoires

Une facture doit comporter un ensemble de mentions : identité des parties, numéro unique, date, détail des prestations, prix, taux de TVA ou mention d’exonération, conditions de paiement. Entre professionnels, elle doit aussi indiquer les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, prévue par la fiche officielle sur les retards de paiement.

Un micro-entrepreneur en franchise de TVA indique désormais « TVA non applicable, art. L. 223 et s. du CIBS ».

La facture électronique

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent être capables de recevoir des factures électroniques. L’obligation d’émettre s’applique aux petites et moyennes entreprises et aux microentreprises à partir du 1er septembre 2027, selon le ministère de l’Économie. Les factures transiteront par une plateforme agréée. Choisissez dès la première année un outil compatible, pour éviter de changer de logiciel dans quelques mois. Le calendrier complet est détaillé dans notre fiche sur la facture électronique.

5. Les déclarations

Les cotisations sociales

Le micro-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre. Le dirigeant indépendant au réel paie des cotisations provisionnelles les deux premières années, régularisées ensuite. Le dirigeant assimilé salarié voit ses cotisations déclarées par la société via la déclaration sociale nominative, dès qu’il est rémunéré.

La TVA

Si vous n’êtes pas en franchise, vous collectez la TVA sur vos ventes et la reversez selon le régime choisi, mensuel, trimestriel ou simplifié. Notez les échéances dans un calendrier dès l’immatriculation.

L’impôt sur les bénéfices

Selon votre forme, le bénéfice est imposé à l’impôt sur le revenu du dirigeant ou à l’impôt sur les sociétés. Une société soumise à l’impôt sur les sociétés bénéficie, sous conditions, d’un taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis de 25 % au-delà.

Un calendrier pour ne rien oublier

MomentÀ faire
Semaine de l’immatriculationOuvrir le compte, débloquer le capital, demander l’Acre si vous y avez droit
Premier moisChoisir l’outil comptable et l’outil de facturation, souscrire les assurances
Chaque moisRapprocher la banque, classer les pièces, relancer les impayés
Chaque mois ou trimestreDéclarer le chiffre d’affaires ou la TVA selon le régime
Fin du premier exerciceÉtablir les comptes annuels et préparer la déclaration de résultat

Les erreurs les plus courantes

  • mélanger dépenses personnelles et professionnelles sur le même compte
  • laisser s’accumuler les pièces jusqu’à la clôture
  • oublier de provisionner les cotisations de régularisation de la deuxième année
  • facturer sans les mentions obligatoires
  • découvrir l’échéance de TVA la veille

Pour revoir les étapes en amont, consultez nos fiches sur les formalités d’immatriculation, le business plan et les aides à la création, ou revenez au guide pour créer son entreprise.