La SASU est la forme unipersonnelle de la SAS. Elle permet de créer seul une société, avec une responsabilité limitée aux apports et un dirigeant affilié au régime général de la sécurité sociale. Elle est devenue l’une des formes les plus choisies par les créateurs qui travaillent seuls.
Cette fiche détaille les étapes de création, les documents à réunir, les règles sur le capital et le régime social du président. Les informations proviennent de la fiche officielle sur la SASU.
Ce qui caractérise la SASU
La SASU compte un seul associé, qui peut être une personne physique ou une société. Elle est dirigée par un président, et les statuts peuvent prévoir d’autres dirigeants, comme un directeur général.
Ses principales caractéristiques :
- un capital social libre, dont au moins la moitié des apports en numéraire doit être versée à la création
- une responsabilité de l’associé limitée au montant de ses apports
- une imposition des bénéfices à l’impôt sur les sociétés, avec option possible pour l’impôt sur le revenu dans certains cas
- un président assimilé salarié lorsqu’il est rémunéré au titre de son mandat
- une grande liberté dans la rédaction des statuts
Les étapes de création
1. Rédiger les statuts
Les statuts fixent la dénomination, l’objet social, le siège, le capital, les règles de nomination du président et ses pouvoirs. Leur rédaction mérite du soin, car la SAS laisse une large place à la liberté contractuelle. Un modèle trop générique laisse souvent des questions sans réponse le jour où l’associé veut faire entrer un partenaire.
2. Choisir le siège social
La société doit avoir une adresse avant son immatriculation. Le président peut domicilier la société chez lui, sous conditions, ou passer par une société de domiciliation agréée. Les options sont comparées dans notre fiche sur la domiciliation d’entreprise.
3. Déposer le capital
Les apports en numéraire sont déposés sur un compte bloqué, le plus souvent ouvert dans une banque, qui délivre une attestation de dépôt. Les fonds sont débloqués après l’immatriculation.
4. Publier l’annonce légale
La création d’une société commerciale impose une annonce légale. Pour 2026, le tarif forfaitaire d’une annonce de constitution de SASU est de 142 € HT en France métropolitaine, selon l’actualité officielle sur les tarifs des annonces légales.
5. Demander l’immatriculation
La demande se fait en ligne sur le guichet unique des formalités des entreprises. La société est alors inscrite au registre national des entreprises et au registre du commerce et des sociétés. Le coût de la formalité d’immatriculation d’une société commerciale est de 33,83 €, auquel s’ajoute la déclaration des bénéficiaires effectifs à 19,33 €, d’après la fiche officielle sur le coût des formalités.
Les documents à réunir
| Document | À quoi il sert |
|---|---|
| Statuts datés et signés | Fonder juridiquement la société |
| Attestation de dépôt des fonds | Prouver le versement du capital |
| Justificatif de domiciliation | Établir le siège social |
| Pièce d’identité du président | Identifier le dirigeant |
| Déclaration de non-condamnation | Attester que le dirigeant peut gérer une société |
| Attestation de parution de l’annonce légale | Prouver la publicité de la création |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs | Identifier les personnes qui contrôlent la société |
Le régime social du président
Le président de SASU rémunéré au titre de son mandat est assimilé salarié. Il est affilié au régime général et bénéficie d’une protection sociale proche de celle des salariés cadres, sauf l’assurance chômage.
Deux points méritent attention :
- s’il ne se verse pas de rémunération, aucune cotisation n’est due, mais il ne se constitue aucun droit
- les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales. Un associé rémunéré uniquement en dividendes ne bénéficie donc d’aucune protection sociale
Pendant la phase de création, un président qui ne se rémunère pas peut continuer à percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi, sous conditions. C’est l’une des raisons pour lesquelles les demandeurs d’emploi choisissent souvent la SASU. Pour couvrir les risques que le régime ne prend pas en charge, voyez notre fiche sur la prévoyance du dirigeant.
Dans quels cas la SASU est pertinente
La SASU convient bien dans plusieurs situations :
- vous voulez la protection sociale du régime général
- vous percevez des allocations chômage et prévoyez de ne pas vous rémunérer au démarrage
- vous envisagez de faire entrer des associés plus tard, ce qui transformera la SASU en SAS sans changer de forme
- vous voulez une image de société auprès de vos clients
Elle est moins adaptée si votre priorité est de réduire au maximum les cotisations sociales sur un revenu modeste. Dans ce cas, comparez avec l’EURL dans notre fiche SARL et EURL, ou avec le régime de la micro-entreprise.
SASU ou EURL : les différences principales
| Critère | SASU | EURL |
|---|---|---|
| Dirigeant | Président | Gérant, personne physique |
| Libération du capital à la création | Au moins la moitié | Au moins un cinquième |
| Imposition par défaut | Impôt sur les sociétés | Impôt sur le revenu |
| Régime social du dirigeant | Assimilé salarié | Indépendant si gérant associé |
| Titres | Actions | Parts sociales |
Faire soi-même ou passer par un service en ligne
Toutes les démarches peuvent être faites seul sur le guichet unique. Un service en ligne ou un professionnel prend en charge la rédaction des statuts et le dépôt du dossier, moyennant un coût. Le choix dépend de votre aisance avec les formalités et de la complexité de vos statuts.
Notre avis : si vous comptez faire entrer des associés ou des investisseurs, faites relire vos statuts par un professionnel. Les clauses de cession d’actions et de gouvernance coûtent cher à corriger après coup.
Pour comparer la SASU avec les autres formes, consultez notre fiche pour choisir son statut juridique, ou revenez au guide pour créer son entreprise.