Gérer sa trésorerie : plan, outils et solutions

Une entreprise rentable peut manquer d’argent pour payer ses fournisseurs à la fin du mois. La trésorerie mesure l’argent réellement disponible, pas le bénéfice comptable. La piloter, c’est anticiper les entrées et les sorties pour ne jamais être surpris.

Cette fiche explique comment construire un plan de trésorerie, comprendre le besoin en fonds de roulement, agir sur les délais, choisir les bons outils et quelles solutions bancaires mobiliser en cas de tension.

Trésorerie, résultat et besoin en fonds de roulement

Le résultat comptable mesure ce que l’entreprise gagne sur une période. La trésorerie mesure ce qu’elle a sur ses comptes à un instant donné. L’écart entre les deux vient des décalages : vous facturez aujourd’hui, le client paie dans 45 jours, mais vous avez déjà acheté le stock et payé les salaires.

Ce décalage s’appelle le besoin en fonds de roulement. Il dépend principalement de trois éléments :

  • le délai de paiement accordé aux clients
  • le niveau du stock
  • le délai de paiement obtenu des fournisseurs

Plus vos clients paient tard et plus votre stock est important, plus ce besoin augmente. Une entreprise en forte croissance voit souvent sa trésorerie baisser alors que ses ventes progressent, car chaque nouvelle vente doit être financée avant d’être encaissée.

Construire un plan de trésorerie

Le principe

Le plan de trésorerie est un tableau, mois par mois sur 12 mois, qui liste toutes les entrées et sorties d’argent prévues. Il part du solde bancaire de départ et calcule le solde de fin de chaque mois. Il se remplit sur la base des dates d’encaissement et de paiement réelles, pas des dates de facturation.

Les lignes à prévoir

EntréesSorties
Encaissements clientsAchats et fournisseurs
Apports et prêts reçusSalaires et cotisations sociales
Subventions verséesLoyer et charges
Remboursements de TVATVA à payer et impôts
Cessions d’actifsRemboursements d’emprunts et investissements

Le mettre à jour

Comparez chaque mois le réel et le prévu, puis corrigez les mois suivants. Un plan qui n’est jamais mis à jour ne sert à rien. Construisez aussi un scénario prudent, avec des ventes plus faibles et des paiements clients plus lents, pour savoir combien de temps vous pourriez tenir.

Exemple illustratif, aux chiffres ronds et sans lien avec un cas réel. Une entreprise démarre le mois avec 20 000 €. Elle prévoit 50 000 € d’encaissements et 60 000 € de décaissements. Son solde de fin de mois sera de 10 000 €. Si le mois suivant présente le même écart, le compte passera à zéro : c’est le moment d’agir, avant le découvert.

Agir sur les délais

Côté clients

  • facturez dès la livraison ou la fin de la prestation
  • rappelez les conditions de paiement sur le devis et la facture
  • relancez dès le lendemain de l’échéance, avec un processus écrit
  • demandez un acompte à la commande pour les montants importants
  • proposez des moyens de paiement rapides, comme le prélèvement ou le virement

Les pénalités de retard et les relances sont détaillées dans notre fiche sur le recouvrement des impayés.

Côté fournisseurs et stock

  • négociez des délais de paiement dans les limites légales
  • regroupez vos commandes pour obtenir de meilleures conditions
  • réduisez le stock dormant et suivez la rotation des produits

Les outils de pilotage

Un tableur suffit pour démarrer. Les logiciels de comptabilité et les applications bancaires proposent aussi des prévisions automatiques, alimentées par vos comptes et vos factures. Le plus important est de suivre quelques indicateurs régulièrement, à intégrer dans votre tableau de bord :

  • le solde de trésorerie chaque semaine
  • les encours clients et les retards
  • le délai moyen de paiement des clients
  • les échéances fiscales et sociales à venir

Les solutions en cas de tension

D’après la fiche officielle sur les besoins rapides de trésorerie, plusieurs crédits bancaires peuvent répondre à un besoin à court terme :

  • la facilité de caisse, pour un besoin ponctuel et passager, par exemple un retard de paiement d’un client
  • le découvert autorisé, fixé par une convention généralement signée pour un an, pour un besoin ponctuel mais récurrent
  • le crédit de campagne, pour les activités saisonnières, sur une durée de 9 mois ou plus

Vous pouvez aussi transformer vos factures en trésorerie grâce à l’affacturage ou à la cession Dailly. Pour un besoin permanent, un prêt professionnel ou un renfort de fonds propres est plus adapté qu’un découvert.

Si la banque refuse

Selon la même fiche, la banque qui refuse un financement doit en préciser les motifs. Vous pouvez saisir gratuitement la Médiation du crédit de la Banque de France en cas de refus de crédit, d’absence de réponse dans les 15 jours ouvrés suivant le dépôt d’un dossier complet, ou de dénonciation d’un découvert. Dans ce dernier cas, vous disposez de 60 jours pour la saisir. Les correspondants TPE-PME de la Banque de France, présents dans chaque département, orientent aussi gratuitement les dirigeants.

Agir tôt

Une tension de trésorerie se traite mieux quand elle est anticipée. Parlez à votre banquier avant le découvert, pas après. Si les difficultés persistent, contactez vos créanciers publics pour demander un échéancier, et faites-vous accompagner par votre expert-comptable.

Questions fréquentes

Quel niveau de trésorerie garder ?

Il n’existe pas de règle officielle. Beaucoup de dirigeants visent de quoi couvrir quelques mois de charges fixes. Le bon niveau dépend de votre secteur et de la régularité de vos encaissements.

Que faire d’un excédent de trésorerie ?

Placez-le sur un support sans risque et disponible, comme un compte à terme, et gardez de côté les sommes destinées aux échéances fiscales.

Pour toutes les solutions de financement, consultez notre guide pour financer son entreprise.