Devenir micro-entrepreneur : inscription, plafonds et obligations

La micro-entreprise n’est pas une forme juridique à part entière. C’est un régime simplifié, fiscal et social, réservé à l’entrepreneur individuel dont le chiffre d’affaires reste sous certains plafonds. Elle séduit par la légèreté de ses obligations, mais elle a des limites qu’il vaut mieux connaître avant de se lancer.

Cette fiche suit le parcours dans l’ordre : création, plafonds, déclarations, TVA, limites et passage en société. Les chiffres sont ceux publiés par l’administration au 30 octobre 2026.

Créer sa micro-entreprise sur le guichet unique

Depuis le 1er janvier 2023, la déclaration de début d’activité se fait en ligne sur le guichet unique des formalités des entreprises, qui a remplacé les anciens centres de formalités. Vous y indiquez votre activité, votre adresse professionnelle, votre option pour le versement libératoire de l’impôt si vous y avez droit, et la périodicité de vos déclarations.

Vous recevez ensuite votre numéro Siren, puis vos accès à l’espace en ligne de l’Urssaf.

Les plafonds de chiffre d’affaires

Le régime micro s’applique tant que le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas les plafonds fixés pour chaque type d’activité, selon la fiche officielle sur le régime micro :

ActivitéPlafond annuel
Vente de marchandises, fourniture de logement, restauration203 100 €
Prestations de services et activités libérales83 600 €

Le dépassement d’un plafond deux années civiles consécutives fait sortir du régime au 1er janvier suivant. Vous basculez alors au régime réel, avec une comptabilité plus complète.

Les déclarations et les cotisations

Le principe

Vous déclarez votre chiffre d’affaires encaissé, chaque mois ou chaque trimestre selon l’option choisie, sur le site de l’Urssaf. Les cotisations sont calculées en appliquant un taux à ce montant. Pas de chiffre d’affaires, pas de cotisations, mais la déclaration à zéro reste obligatoire.

Les taux 2026

Le portail officiel des auto-entrepreneurs indique les taux suivants :

ActivitéTaux de cotisations
Achat et revente de marchandises12,3 %
Prestations de services commerciales et artisanales21,2 %
Autres prestations de services25,6 %
Professions libérales réglementées relevant de la Cipav23,2 %

Ces taux s’appliquent au chiffre d’affaires, pas au bénéfice. Une activité avec beaucoup de frais paie donc des cotisations sur des sommes qu’elle ne garde pas.

L’aide à la création

Les créateurs éligibles à l’Acre bénéficient d’une réduction partielle de cotisations pendant les premiers trimestres. Pour les micro-entreprises créées depuis le 1er juillet 2026, le taux appliqué est de 75 % du taux normal. Les conditions sont détaillées dans notre fiche sur les aides à la création d’entreprise.

La TVA : la franchise en base

Le micro-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA tant que son chiffre d’affaires reste sous des seuils distincts des plafonds du régime micro. En 2026, ces seuils sont de 37 500 € pour les prestations de services et de 85 000 € pour le commerce et l’hébergement, avec des seuils majorés de 41 250 € et 93 500 €. Le projet d’un seuil unique à 25 000 € a été abandonné.

En franchise, vous ne facturez pas la TVA et ne la récupérez pas sur vos achats. Depuis le 1er septembre 2026, vos factures doivent porter la mention « TVA non applicable, art. L. 223 et s. du CIBS ». L’ancienne mention faisant référence à l’article 293 B du code général des impôts reste tolérée jusqu’au 31 décembre 2027.

Le fonctionnement complet de la taxe est expliqué dans notre fiche sur la TVA en entreprise.

Les obligations à ne pas oublier

  • tenir un livre des recettes et, pour la vente, un registre des achats
  • émettre des factures conformes, avec les mentions obligatoires
  • ouvrir un compte bancaire dédié à l’activité si le chiffre d’affaires dépasse 10 000 € deux années de suite
  • souscrire les assurances imposées par votre profession, le cas échéant
  • se préparer à la facturation électronique, que toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir depuis le 1er septembre 2026

La question du compte bancaire est détaillée dans notre fiche sur le compte pro pour auto-entrepreneur, dans le guide banque et assurance.

Les limites du régime

Pas de déduction des charges

C’est la limite principale. Les cotisations et, si vous n’avez pas opté pour le versement libératoire, l’impôt sont calculés sur le chiffre d’affaires après un abattement forfaitaire, sans tenir compte de vos dépenses réelles. Une activité avec un taux de marge faible y perd.

Une crédibilité parfois discutée

Certains clients, banques ou partenaires regardent le régime micro comme une activité d’appoint. Ce n’est pas une règle, mais l’argument revient souvent dans les négociations avec de gros comptes.

Une protection sociale limitée

Vos droits à la retraite et aux indemnités journalières dépendent du chiffre d’affaires déclaré. Un faible chiffre d’affaires donne peu de droits.

Quand passer en société

Plusieurs signaux indiquent qu’il est temps de changer de cadre :

  • votre chiffre d’affaires approche les plafonds
  • vos charges représentent une part importante de vos recettes
  • vous voulez vous associer ou recruter
  • vous cherchez un financement bancaire important

Le passage peut se faire vers l’entreprise individuelle au régime réel ou vers une société. Les options sont comparées dans notre guide pour choisir son statut juridique, et la création d’une société unipersonnelle est détaillée dans la fiche pour créer une SASU.

Questions fréquentes

Peut-on être salarié et micro-entrepreneur ?

Oui, le cumul est possible, sous réserve de respecter votre contrat de travail, notamment l’obligation de loyauté envers votre employeur et une éventuelle clause d’exclusivité.

Faut-il un expert-comptable ?

Ce n’est pas obligatoire. Les obligations comptables sont réduites et beaucoup de micro-entrepreneurs gèrent seuls. Un accompagnement devient utile lors du passage au réel.

Pour l’ensemble du parcours de création, consultez notre guide pour créer son entreprise.