Ouvrir un compte bancaire pour votre activité fait partie des premières démarches de la création d’entreprise. Mais l’obligation varie selon la forme juridique, et l’offre s’est diversifiée entre banques traditionnelles, banques en ligne et néobanques. Ce guide fait le point sur ce que la loi impose selon votre statut, les différences entre les types d’établissements et les critères à comparer avant de choisir.
À quoi sert un compte dédié
Un compte affecté à l’activité et séparé de vos comptes personnels permet de distinguer clairement les opérations de l’entreprise de celles de votre foyer. Votre comptabilité gagne en lisibilité, le suivi de la trésorerie devient plus simple et, en cas de contrôle, vous justifiez plus facilement vos recettes et vos dépenses. Votre expert comptable appréciera aussi un relevé qui ne mélange pas courses du week end et factures fournisseurs.
L’obligation selon votre statut
Les sociétés
Selon Service Public Entreprendre, toute société ayant un capital social doit disposer d’un compte bancaire professionnel. C’est une obligation pour procéder au dépôt du capital, par exemple dans une SAS ou une SARL. La banque ouvre d’abord un compte provisoire, sur lequel sont déposés les fonds, et délivre une attestation de dépôt nécessaire à l’immatriculation. Le compte devient ensuite définitif une fois la société immatriculée.
L’entrepreneur individuel
D’après la fiche consacrée à l’entrepreneur individuel, l’ouverture d’un compte dédié n’est pas obligatoire en entreprise individuelle, sauf en cas d’activité commerciale. Le commerçant doit alors ouvrir un compte dédié dans un établissement de crédit. Il peut s’agir d’un compte professionnel ou d’un compte personnel distinct, utilisé uniquement pour l’activité.
Le micro entrepreneur
Le micro entrepreneur doit disposer d’un compte dédié à l’activité lorsque son chiffre d’affaires annuel dépasse 10 000 € pendant 2 années consécutives, et dès le début en cas d’activité commerciale, selon Service Public Entreprendre. Ce compte peut être un simple compte personnel séparé. Nous détaillons ce cas dans notre page sur le compte pro de l’auto entrepreneur.
Même lorsque ce n’est pas obligatoire, l’administration recommande d’ouvrir un compte dédié pour éviter les confusions.
Compte professionnel ou compte personnel dédié
Un compte professionnel est ouvert au nom de l’entreprise et associé à des services adaptés : encaissement par carte, remise de chèques, découvert professionnel, outils de facturation. Il est en général plus coûteux qu’un compte personnel. Un compte personnel dédié suffit souvent à un indépendant dont les flux sont simples. Vérifiez toutefois les conditions générales de votre banque : certaines interdisent l’usage professionnel d’un compte particulier.
Banque traditionnelle, banque en ligne ou néobanque
La banque traditionnelle
Elle dispose d’un réseau d’agences et d’un conseiller identifié. C’est souvent l’interlocuteur naturel pour obtenir un prêt professionnel, une caution, une ligne de découvert ou des solutions de dépôt d’espèces. Ses tarifs sont généralement plus élevés.
La banque en ligne
Filiale d’un groupe bancaire ou établissement autonome, elle propose une gestion à distance, des frais souvent plus bas et parfois une offre de crédit. Le conseil se fait par téléphone ou par messagerie.
La néobanque
Les néobanques proposent une ouverture rapide depuis une application, une interface moderne et des outils de gestion intégrés. Beaucoup sont des établissements de paiement ou de monnaie électronique et non des banques au sens strict. Elles ne proposent alors pas toujours de crédit, de découvert ou de dépôt d’espèces. Vérifiez le statut de l’établissement sur le registre des agents financiers avant d’ouvrir un compte.
| Critère | Banque traditionnelle | Banque en ligne ou néobanque |
|---|---|---|
| Ouverture | En agence, plus longue | En ligne, souvent rapide |
| Conseiller | Dédié en agence | À distance |
| Crédit et découvert | Généralement proposés | Variable selon l’offre |
| Espèces et chèques | Généralement acceptés | Souvent limités |
| Tarifs | Plus élevés en général | Plus bas en général |
Les critères pour comparer
Plutôt que de vous fier au seul prix d’appel, comparez les offres sur des critères publics, à consulter dans la plaquette tarifaire de chaque établissement :
- les frais de tenue de compte et le coût de la carte
- le nombre de virements, de cartes et d’utilisateurs inclus
- les commissions sur les mouvements et les dépôts
- les frais d’incident et de rejet de prélèvement
- l’accès au crédit et au découvert
- la possibilité de déposer des espèces et des chèques
- les outils intégrés : facturation, rapprochement, export comptable
- la qualité et les horaires du service client
Projetez vos usages réels sur une année pour estimer le coût total. Un commerce qui encaisse des espèces n’a pas les mêmes besoins qu’un consultant qui facture par virement.
Les documents à fournir
Pour une société, la banque demande en général un justificatif d’identité du dirigeant, un justificatif de domicile, le projet de statuts et la liste des associés avec leurs apports. Une fois la société immatriculée, elle demande l’extrait d’immatriculation pour rendre le compte définitif. Pour un entrepreneur individuel, l’identité, un justificatif de domicile et la preuve d’immatriculation suffisent le plus souvent. Les établissements peuvent demander d’autres pièces au titre de la lutte contre le blanchiment.
En cas de refus d’ouverture
Une banque peut refuser d’ouvrir un compte. Si vous essuyez un refus, demandez une attestation de refus. Vous pouvez alors saisir la Banque de France pour faire jouer le droit au compte, qui conduit à la désignation d’un établissement tenu de vous ouvrir un compte avec des services de base.
Questions fréquentes
Peut on changer de banque professionnelle ?
Oui. Prévoyez de mettre à jour vos coordonnées auprès des clients, des fournisseurs et des organismes sociaux et fiscaux, et gardez l’ancien compte ouvert le temps que les prélèvements basculent.
Faut il plusieurs comptes ?
Ce n’est pas obligatoire. Certaines entreprises ouvrent un second compte pour mettre de côté la TVA ou les cotisations, ce qui aide à piloter la trésorerie.
Pour sécuriser les autres aspects de votre activité, consultez nos guides sur l’assurance RC pro, le terminal de paiement et l’ensemble de la rubrique banque et assurance pro.